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L'Aviation légère en Chine
Ici l'Université franco-chinoise des échanges linguistiques reproduit un billet à l'attention du groupe de discussion "France - Chine " sur Yahoo, en date du 18/08/2006.
Selon diverses sources documentaires, c'est en mars 2005 que la Chine s'est lancée dans l'aviation commerciale privée avec Okay Airways, première compagnie chinoise à vocation "bas coût" (low cost). A son lancement, la compagnie disposait de trois Boeing 737.
En août de la même année, on apprenait qu'une entreprise privée de Shanghai, Fizi Real Estate Development Company, offrait des services d'hélicoptère et d'avion aux riches chinois que son manageur, Chen Zaochun, essayait d'attirer parmi sa clientèle. Les acheteurs de Fizi Immobilier bénéficient depuis le 12 août 2005 d'un aéroclub, Fizi Private Aviation Club, où ils peuvent s'initier au vol sur un Robin R 22, petit hélicoptère deux-places déjà utilisé par la police ou bien la presse. Fizi possède deux autres hélicoptères et un avion Cirrus SR22. Cet aéroclub privé a son terrain, un garage et un bar à l'aéroport de Longhua à Shanghai, tout en disposant par ailleurs de deux autres points d'atterrissage à Fengxian et au Lac Tianmu.
En fait, au milieu de l'anné 2005, la Chine ne comptait que 13 avions d'affaires privés.
Néanmoins, le marché semble prometteur puisque déjà les constructeurs d'aéronefs privés comme Embraer au Brésil, Bombardier Aerospace au Canada et l'américain Gulftsream sont partis à sa conquête, accompagnés des constructeurs d'avions légers comme l'australien Diamond Aircraft ou encore Cessna et Tiger Aircraft aux Etats-Unis. Certains d'entre eux y ont déjà des usines. Pour les 20 années à venir, les fabricants d'aéronefs estiment le marché supérieur à 600 avions d'affaires.
Mais, à ce jour, l'aviation privée en Chine reste la portion congrue : selon les chiffres annoncés en 2005 par la Département de l'Aviation civile chinois, l'Empire du Milieu ne comptait à cette heure que 130 pilotes qualifiés. Une raison majeure à cela, 70% de l'espace aérien chinois est placé sous contrôle militaire et donc interdit de vol aux engins privés. L'autre difficulté réside dans l'insuffisance des infrastructures aéorportuaires et des services au sol : il n'y a actuellement que 196 aéroports ouverts au trafic en Chine, dont 133 seulement prévoient des services au sol. Tandis qu'aux Etats-Unis, par exemple, les aviateurs privés disposent de quelque 5.500 aéroports capables d'accueillir des avions d'affaires à réaction, auxquels s'ajoutent 12.500 terrains pour les avions à hélices.
La Chine impose encore des tarifs très élevés, décrits parfois comme "astronomiques", aux opérateurs privés et sur son sol et dans ses airs. Par ailleurs, les écoles de pilotage y sont dix fois plus dispendieuses qu'en Amérique, dit-on. Pour tout arranger, l'application à l'aviation légère de tarifs minimaux prévus pour l'aviation commerciale rend prohibitif le coût d'un voyage aérien dans un appareil domestique.
Néanmoins, la politique officielle, entérinée par le Plan quinquennal 2006--2010, encourage la libéralisation de l'espace aérien chinois. L'armée chinoise a laissé entendre qu'elle lâcherait du leste pour certains vols à basse altitude et de nouvelles zones de l'espace aérien chinois s'ouvrent progressivement au trafic commercial. Désormais les investisseurs privés sont les bienvenus pour le développement des infrastructures aréoportuaires et la Chine, à l'horizon 2020, devrait compter 240 aéroports en opération.
L'école de l'aviation civile chinoise, installée au Sichuan, a récemment commandé 42 nouveaux Cessna, triplant d'un coup le parc de ce modèle dans tout le pays. L'école prévoit d'accueillir 600 à 1.000 élèves chaque année. Pékin (Beijing) n'est pas en reste où vient d'être inaugurée la première école de pilotage privée, la Beijing PanAm International Aviation Academy.
La compagnie Metrojet, présente sur place depuis 1995, vient, il y a un an et demi de cela, de mettre en service 4 Gulstream supplémentaires pour ses liaisons privées chinoises. Jusqu'en 2004, elle n'opérait qu'avec un seul jet. Un très long courrier de type G550 est sur le point d'accroître la flotte. Ces vols d'affaires à la demande (charters) concernent essentiellement des cadres d'entreprise étrangers ou originaires de Hong Kong.
Nul doute que, tôt ou tard, l'aviation privée va se "démocratiser" en Chine notamment parmi l'imposante population de millionnaires nationaux que le boom économique a fait naître là-bas comme champignons après la pluie. Il est peut-être encore un peu tôt pour vendre des ULM en Chine, mais, finalement, tout vient à point à qui sait attendre.
En attendant, donc, UBIFRANCE vient de publier un gros recueil sur le marché aéronautique en Chine cédé au prix dérisoire de 484,25 euros TTC. Pourquoi s'en priver. Une lecture à ne manquer à aucun ... prix !
Merci de votre attention.

L’aviation légère en Chine
Part. II
« Ces drôles de fous volants chinois dans leur drôles de machines chinoises ».
Du 3 au 6 octobre 2006 à Pékin aura lieu la 6è Exposition internationale d'aéromodélisme .
Selon toute apparence, parallèlement à l'aéromodélisme, les sports aériens comme le parachutisme, la chute libre, le parapente, le parapente à moteur, ou à flanc de montagne, les vols en montgolfières ou les ballons dirigeables, connaissent une vogue certaine dans l'Empire du Milieu. Les sports aériens sont à la mode.
Au Jiangxi, par exemple, on compte 5 aéroclubs régionaux qui réunissent 3.000 membres. Cette province dénombre 16 centres de formation aux sports aériens. C'est un bon début.
A Hainan, la Hainan Asia-Pacific General Aviation (e-mail: apfly2008@163.com ) propose un ensemble d'activités aéronautiques très attrayantes grâce, notamment, à deux gros monomoteurs biplan à hélice qui valent le coup d'œil clic ici .
Ces aéroplanes, tout droit sortis du « Lotus bleu » de Tintin, sont des Y.5 (Yun 5) fabriqués en Chine - un modèle dérivé de l’AN-2 soviétique, et construit à plus de 700 exemplaires, je crois savoir.
Propulsé par un moteur radial à pistons de 9 cylindres refroidi par air et d'une puissance totale de 820 chevaux, le Y.5 peut emmener 12 passagers plus l'équipage (commandant & copilote) à une vitesse de croisière de 160-180 km/h (vitesse maximale 256 km/h). Son rayon d'action est de 1.376 km et son autonomie de 8h36 mn.
A part cela, l'Aéroclub de l'Asian - Pacific propose même des vols en ULM biplace avec le "Xiao Ying 100 " de fabrication chinoise, propulsé par un moteur ROTAX503VLDCD1 de 50 chevaux, qui transporte deux passagers à la vitesse de 70 km/h et à une altitude maximale de 3.000 mètres.
D'un poids de 175kg à vide et d'un poids maximum au décollage de 382kg, l'"Aiglon 100", d'une autonomie inférieure à 3 heures, existe en deux versions, normale et amphibie.
En résumé, la Hainan Asia-Pacific General Aviation, une équipe de "doux rêveurs la tête dans les nuages", disent-ils en substance, mais désireux de partager leur passion et de développer ce secteur d'activité encore sous-exploité en Chine. Bon courage donc à nos drôles de fous volants chinois dans leurs drôles de machines chinoises. Et, surtout, félicitations.
Des volontaires pour monter un aéroclub franco-chinois ?
Merci de votre attention.
Prof. SHA

L'Aviation légère en Chine.
Part.III
Keyuan Lan Ying AD 200: L'Aigle bleu aux allures de gentil petit canard chinois.
Aviation légère en Chine/Keyuan un pionnier de l'Empire du Milieu.
Beijing Keyuan Light Aircraft Industry Ltd/ Société industrielle d'aviation légère Ke Yuan de Pékin.
La société Keyuan construit des avions légers en Chine. Installée dans un accueillant décors de verdure, la firme pékinoise produit notamment un petit biplace baptisé "Aigle bleu AD 200" (Lan Ying AD 200) aux allures de gentil petit canard !
La société Keyuan anime son propre aéroclub et entretien un terrain équipé d'une piste de 500 mètres de long sur 30 de large. Keyuan forme là tant les pilotes que les personnels au sol près de ses bureaux d'étude et de son unité de construction et de maintenance. Keyuan est en fait la premier entrepreneur privé chinois à s'être lancé dans l'aviation légère sur le Continent. Créée en 1993, la société Keyuan se présente donc comme le pionnier de l'aviation légère dans l'Empire du Milieu. Outre des avions légers, la société produit également des montgolfières et des dirigeables ainsi que des bateaux de plaisance.
L'Aigle bleu AD 200 est effectivement un avion de type canard ! Livré en deux versions, AD200B et AD200N, selon sa destination finale, ce gentil petit canard chinois a été certifié par l'aviation civile pékinoise en décembre 2005. Construit à 85% en matériaux composites et fibre de verre renforcée, notre Saturnin confucéen est livré au prix 350.000 RMB tout équipé. Son moteur, soit un R2100/4v de 75 ch ou un R2100/4v de 80 ch, et son sytème de propulsion sont de frabrication étrangère (Etats-Unis, Australie et Autriche). La tableau de bord comprend tous les instruments de vol nécessaires et on peut y installer un système de communication radio ainsi qu'un GPS. Le poids à vide du piou-piou est de 360 à 390 kg selon la version. D'une vitesse maximale de 180km, l'AD 200 croise à 110-130km à une latitude maximale de 4000 m alors que son rayon d'action atteint 1.000 km. Décollage et atterrissage en moins de 140 mètres. Vol à basse altitude garanti sans problème jusqu'à 3 à 5 m du sol.
L'AD 200 est un avion léger de tourisme donné comme facile d'emploi et aisé d'entretien pouvant aussi bien servir aux loisirs qu'à la formation au pilotage, à la publicité aérienne, la topographie ou la cartographie voire la métérologie aérienne ou encore l'aéropostale. Il est également utilisé dans le secteur agricole et forestier, notamment pour l'épandage.
Sur le plan commercial, le constructeur offre une garantie de 12 mois pièces et main d'oeuvre. La maintenance ainsi que la formation des personnels de vol et de sol sont également assurés par la société. L'AD 200 a été introduit sur le marché américain en février 2004 après que l'année précédente le constructeur ait évité la faillite de justesse.
L'AD 200 est construit à partir d'un brevet de l’Université Aéronautique et Astronautique de Nankin.
Merci de votre attention.
Prof. SHA
PS : Le site de Keyuan a des pages en anglais.
